11 novembre
En ce jour de mémoire, nous souhaitons rendre hommage aux personnes qui ont servi avec courage, parfois au prix de leur vie. Que leur engagement continue d’inspirer nos actions et nos valeurs. Ensemble, gardons vivante la mémoire de leurs sacrifices.
Je me souviens
À l’attention du Caporal-chef Lagacé (retraité)
Je me souviens…
du sable brûlant d’Afghanistan,
où la poussière collait aux rêves,
et où chaque lever de soleil
avait l’odeur du danger et du courage.
Je me souviens…
de Chypre, la mer si calme,
mais les cœurs en guerre silencieuse.
On disait : « Mission de paix »,
mais la paix, souvent, ne répondait pas.
Je me souviens…
des Balkans, ces routes brisées,
les visages d’enfants perdus,
les regards qu’on ne peut oublier.
Bosnie, Croatie… des noms gravés
dans le métal de mes médailles,
et dans les cicatrices qu’on ne montre pas.
Je me souviens…
des frères d’armes tombés trop tôt,
des rires dans les tentes,
des promesses sous la pluie.
On se disait : « On se revoit à la maison »,
mais certains ne sont jamais revenus.
Aujourd’hui, le temps a blanchi mes tempes,
mais pas ma mémoire.
Chaque 11 novembre, je redresse le dos,
le cœur lourd, mais fier.
Je touche mes médailles – pas pour la gloire,
mais pour ceux et celles qui n’ont plus de voix.
Je me souviens…
et je continuerai,
tant que je respirerai,
à saluer ces ombres fraternelles,
et à marcher en silence,
pour la paix qu’on n’oublie jamais.
– Daniel Marc Desloges
Le 19 novembre : Journée internationale des hommes
Aujourd’hui, c’est la Journée internationale des hommes… et pourtant, c’est le silence total.
Pas un mot pour ceux qui se donnent pleinement pour les siens.
Pas un mot pour les pères qui vivent l’arrachement de leurs enfants.
Pas un mot pour les pères qui portent des blessures et des pertes sans reconnaissance.
Pas un mot pour les hommes qui tombent… et que personne ne rattrape ou ne relève.
On parle souvent de protéger tout le monde,
mais qui protège les hommes quand ils s’effondrent ?
Qui protège les pères quand le système se permet de les écraser ?
Quand on leur vole leur place, leur rôle, leur dignité ?
Moi, j’ai été effacé.
J’ai été broyé par des décisions que je n’ai jamais méritées.
J’ai dû regarder ma propre vie s’écrouler en silence.
Comme si ma douleur était sans valeur, sans importance.
Et pourtant… je suis encore là.
Cassé, oui.
Fatigué, oui.
Mais vivant,
et toujours père dans mon cœur.
Aujourd’hui, si vous croisez un homme, un père, un frère, un oncle, un ami…
Regardez-le vraiment.
Pas juste son sourire,
mais les blessures qu’il porte en silence.
Un simple geste peut sauver quelqu’un qui a été réduit au silence.
Parce qu’il y a trop d’hommes qu’on ne voit plus…
et trop de pères qu’on a déjà oubliés.
– Daniel Marc Desloges


