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Un cri silencieux pour mon enfant

 La santé mentale ne concerne pas seulement quelques personnes. Elle concerne nos familles, nos amis, nos collègues, nos voisins et, parfois, nous-mêmes. Chaque année, des milliers de personnes vivent avec la dépression, l’anxiété, les traumatismes psychologiques ou le trouble de stress post-traumatique (TSPT). Beaucoup continuent de travailler, de sourire et d’avancer malgré une souffrance que personne ne perçoit. Pour plusieurs survivants de traumatismes, le combat ne dure pas quelques jours ou quelques mois. Il peut durer des années, voire toute une vie. Les cauchemars, l’hypervigilance, les flashbacks, l’isolement, la peur, la honte et l’épuisement deviennent une réalité quotidienne. À cette souffrance s’ajoute souvent une autre blessure : l’incompréhension. Les préjugés, le rejet, la discrimination, les jugements rapides et le manque de soutien peuvent être aussi destructeurs que le traumatisme lui-même. Les campagnes de sensibilisation font peut-être du bon travail, mais les listes d’attente demeurent trop longues. Les ressources sont souvent insuffisantes. Trop de personnes abandonnent avant même d’obtenir l’aide dont elles ont besoin. Trop de familles vivent dans le silence. Trop de vies sont perdues par suicide chaque année. Une société se mesure à la façon dont elle traite les personnes les plus vulnérables. La santé mentale n’est pas un privilège. C’est une nécessité. Derrière chaque statistique se trouve un être humain qui tente simplement de survivre à une bataille invisible. Parler sauve des vies. Écouter sauve des vies. Comprendre sauve des vies. Parce que certaines blessures ne saignent pas, mais fontsouffrir toute une vie. Les blessures invisibles sont réelles. Les survivants aussi.

- Daniel Marc Desloges